Le Nouveau Carreau du Temple, Paris

Le Carreau du Temple depuis le square
Le Carreau du Temple depuis le square
Fouilles archéologiques, 2011
Fouilles archéologiques, 2011
plan masse
plan masse

La renaissance du Carreau

Le Carreau du Temple rouvrira ses portes au printemps 2014. Sa renaissance symbolise la volonté de restituer un des rares témoins de la grande tradition des architectures métalliques parisiennes de la fin du 19e siècle mais elle traduit aussi l’attachement de la Ville et de ses habitants pour ce marché couvert, l’âme du Paris d’autrefois. Elément patrimonial du Haut-Marais, cet édifice à l’architecture aérienne se situe à deux pas de l’École supérieure des arts appliqués Duperré et de l’historique square du Temple aménagé par Jean-Charles Adolphe Alphand, l’ingénieur du Baron Haussmann.
Pendant un siècle, son importance économique est considérable pour toute la population laborieuse parisienne. Le brassage des échoppes où se vendent soieries, tapis, linge et accessoires de mode inspire les écrivains du 19e siècle qui prennent souvent le Carreau du Temple pour décor de leurs intrigues ; ainsi, Eugène Sue dans « Les Mystères de Paris » ou encore Paul Féval dans son roman « Le fils du diable ». En 1904, il accueille la première Foire de Paris. Devenu le marché incontournable « du vêtement populaire pour les petites bourses et les coquets », plusieurs centaines de marchands occupent le site et son succès demeure de l’après-guerre jusqu’aux années 1970. Mais peu à peu, les activités de ce temple de la fripe s’amenuisent. Voué à être rasé pour édifier un parking à son emplacement, il est sauvé des bulldozers en 1976 grâce à une pétition signée par cinq mille habitants du quartier opposés à sa destruction.
Un concours d’architecture entre cinq agences a lieu en 2007 et après décision du jury, le projet de restauration du Carreau du Temple est confié à l’agence studioMilou architecture que dirige l’architecte Jean François Milou, auteur notamment du Musée National de l’Automobile à Mulhouse. Commencés en novembre 2009, les travaux s’arrêtent lorsque la reprise en sous oeuvre du Carreau – situé dans l’ancien enclos des Templiers - met au jour des traces archéologiques. Le chantier redémarre en fin 2011, sous la houlette de Thomas Rouyrre, chef de projet, après une année de fouilles.

La révélation d’une architecture épurée

Une réhabilitation idéale, minimale, révélant une architecture simple, épurée et restituant un des rares témoins de la grande tradition des architectures métalliques parisiennes du 19ème siècle.

Nous proposons de libérer l’espace des halles de toute gaine, réseau ou servitude technique. Nous proposons aussi de minimiser l’impact visuel des interventions sur les façades. Afin de dégager la structure, afin de la baigner de lumière sur toutes ses faces.Ainsi l’architecture se révélera, lumineuse, mise au service de l’espace comme de grands parapluies posés sur un morceau d’espace public. Inox, bois de châtaignier gris, acier laqué gris bleu, volumes intérieurs gris et or.

Le travail des matériaux et des couleurs sera décliné pour jouer par ses couleurs avec l’architecture et le ciel de Paris.

Un projet simple au service de la polyvalence

Nous proposons pour le nouveau Carreau du Temple une composition quasi urbaine de l’espace intérieur, organisant à tous les niveaux, des espaces jumeaux autour d’un axe central et d’un déambulatoire périphérique. Derrière ce dispositif de plans se cache une polyvalence et une réversibilité quasi infinie,qui restera une ressource pour le bâtiment à toutes les étapes de sa vie.

Le projet propose la création en rez de chaussée d’un véritable auditorium, confortable, musical, desservi par un foyer spectaculaire en bordure de rue. L’auditorium au rez de chaussée témoignera de la dimension culturelle du projet. Les dessins nous montrent que sa présence travaille, aussi, à la révélation de la pureté du volume ouvert de la halle comme une carapace dorée révélant par contraste l’entière dimension de la nef principale. L’organisation du projet propose de faire de l’entresol un étage de service.Ce parti pris technique permettra d’innerver toutes les activités du carreau à partir du sol, libéré de toute canalisation, gaine, et appareil, le volume intérieur conservera son caractère initial libre et ouvert.

Dans le même esprit, le projet propose tout un dispositif de praticables encastrés qui s’élèveront ou s’effaceront à volonté. Ce dispositif permettra d’élever à volonté des écrans d’occultation ou des gradins périphériques et créera sous la halle un paysage de polyvalence allant jusqu’à l’ouverture complète sur l’espace public. Ce dispositif mécanisé et automatisé permettra à l’exploitant du Carreau de changer seul et en quelques minutes la configuration du Carreau par simple rétractation des écrans et gradins.

La mise en valeur du monument

La présence récurrente du bois                                                                     
Blond, parfois doré sous les reflets des rayons du soleil traversant les verrières, le bois de chêne est omniprésent dans l’habillage intérieur du Carreau. Ce choix fait par studioMilou architecture participe à la recommandation des Monuments Historiques de toujours différencier l’architecture contemporaine, mais il correspond aussi à la volonté du maître d’œuvre de trouver un matériau assez « chaud » pour mettre en valeur la structure métallique. En outre, ce bois de chêne travaillé à la manière d’une marqueterie apaise l’espace et magnifie la légèreté des nefs.

Une double peau, traitement thermique et acoustique de l’enveloppe                
À l’intérieur des Halles, une double peau en parement de chêne est positionnée à 45 cm en retrait des arcatures en tôle et des poteaux extérieurs. Elle permet de répondre à toutes les contraintes thermique et acoustiques. Des joints creux reprennent la composition horizontale des trois éléments verriers des façades et camouflent des stores qui contrôlent la lumière et les apports thermiques en été. Quant aux chevrons en chêne strié du plafond – et à la demande de l’ABF – ils font écho aux voliges d’autrefois qui protégeaient l’intérieur du toit.


Une réponse aux objectifs de développement durable                         
La conservation de la transparence complète des lanterneaux permet de maintenir une grande quantité de lumière zénithale des trois nefs. Cette transparence est toute fois atténuée sur les versants Sud par la mise en place de cellules photovoltaïques autorisant une protection solaire les jours de plein soleil. Les cellules de dimensions 10 x 15 cm sont disposées comme des pixels surdimensionnés formant un dessin de moins en moins dense vers le faîtage. Au Nord, un dessin identique mais aux pixels évidés, forme une antisymétrie laissant passer la lumière.
Les verrières des lanterneaux ont été entièrement déposées et remplacées par des verrières à profils en acier de faible largeur et double vitrage. Le rythme des profils en acier est calé sur ceux des traverses des verrières et des poteaux, supports des grilles décoratives existantes. Les grilles sont également conservées et restaurées. Visibles depuis l’intérieur des halles, elles jouent de la même façon un rôle de brise soleil sur les façades Sud.

architecte mandataire
studioMilou architecture



Jean François Milou, architecte dplg, concept architectural
Thomas Rouyrre, architecte ensais parcours Chaillot, chef de projet toutes phases
Shinobu Takaso, architecte diplômée, assistant de projet, design mobilier et signalétique
Lorène Pouliquen, architecte dplg assistant de projet 2008-2010
Jean Loup Baldacci, architecte dplg free lance phase concours et perspectives
Sébastien Guiho, architecte dplg assistant phase concours et DCE fluides phase synthèse
Florence Soulier, suivi administratif maîtrise d’oeuvre
Agueda de Urruela, suivi administratif travaux
Fernando Javier Urquijo, photographe chantier et photos finales
Ont aussi collaboré : Volha Aukimovich, Laurence Macheboeuf, Angel Menéndez, Eudora Tan,
Tae Woo Kim, Nicolas Huche, David Tresilian, Antoine le Fraiteur



Co-traitants


Bollinger + Grohmann, Simone Murr (BET structure)
Batiserf Ingénierie, Pierre Olivier Cayla (soustraitant structure infra)
Inex, Pierre Gimla, Pascal Astasie (BET Fluides)
Ayda, Yves Dekeyrel (acousticien phase concours à APD)
Peutz et associés, Stéphane Mercier, Maud Serra (acousticien depuis le PRO)
Tribu Sarl, Emilie Rocha études / Camille Morvan chantier (BET hqe)
Architecture et Technique, Jacques Moyal (scénographe salle)
Cosil, Gérard Foucault, Nawel Créach-Dehouche (éclairagiste)
Bureau Michel Forgue, Michel Forgue, J.Yves André (économiste)

Maîtrise d'Ouvrage
Ville de Paris


Direction du Patrimoine et de l’architecture / ACOP :
Virginie Katzwedel, architecte, chef de projet
Christophe Crippa, assistant chef de projet
Direction Jeunesse Sports :Eric Ringenbach
Algoé, Alexandre Picoulet, Marion Talarmin (AMO)
Veritas, Pascal Queru, Alain Beyrand, Anne-Sophie Nizet (BC)
IPCS, Pascal Jaton, Ludovic Beyneix, Raphael Picciotino, David Pieron (OPC)
Maximis, Cyril Bernu (Coordonateur SSI)
I2S, Alain Deruy (Sûreté)
Coteba, Dany Pochol (Contrôle exploitation)
IUD Seges, Tehrani jusqu’à août 2013 (CSPS)
Cossec, Frédéric Achaintre depuis septembre 2013 (CSPS)
Erich Berger (CSTB)


Autres Intervenants


Marie-Hélène Didier, conservateur général des monuments historiques (DRAC)
Sophie Hyafil, architecte des bâtiments de France (ABF)
Philippe Simon, architecte (Etude patrimoniale)
Signalétique, General Design; Maroussia Jannelle


Exploitant
Société Publique Locale “Le Carreau du Temple” : Depuis décembre 2012
Jean-Luc Baillet, Directeur Général du Carreau du Temple
Jean Pierre Belet, directeur technique
Adresse de l’opération : 4, rue Spuller 75003 Paris

Surface Shon : 9 045,20 m²
Coût des travaux non définitif : 34,6M € h.t.
Ouverture au public : avril 2014